Le Gone Du Chaâba Par Azouz Begag (2005)

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Le Gone Du Chaâba

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Description du Le Gone Du Chaâba

Marguerite Telechargement Le Gone Du Chaâba PDF PDB CHM - Le Chaâba ? Un bidonville près de Lyon... Un amas de baraques en bois, trop vite bâties par ces immigrants qui ont fui la misère algérienne. Les éclats de rire des enfants résonnent dès le lever du soleil. Les 'gones' se lavent à l'eau du puits et font leurs devoirs à même la terre. Mais chaque matin, ils enfilent leurs souliers pour se rendre à l'école avec les autres... Là, de nouveaux horizons apparaissent: un monde de connaissances, de rêves et d'espoirs.

Détails sur le Le Gone Du Chaâba

Titre de livre : 391 pages
Auteur : Azouz Begag
Éditeur : Seuil
Catégorie : Roman
ISBN-10 : 2020800322
Moyenne des commentaires client : 3.68 étoiles sur 5 358 commentaires client
Nom de fichier : le-gone-du-chaâba.pdf (Vitesse du serveur 23.28 Mbps)
La taille du fichier : 39.44 MB

Commentaire Critique du Le Gone Du Chaâba

isab1965 a écrit une critique à 07 novembre 2017. isab1965 donne la cote 358 pour Le Gone Du Chaâba. Allez! nous presse le maître, asseyez-vous vite! Je vais commencer par vous rendre les compositions et les classements, puis nous terminerons la lecon de géographie de la dernière fois. Tandis qu'un vent d'angoisse se met à souffler dans les rangs, M. Grand s'assied derrière une pile de copies qu'il a posée sur son bureau, à côté des carnets scolaires que nos parents devront signer. Des émotions fortes commencent à me perturber le ventre. Je pense au moment où M. Grand va dire: "Untel, premier; Untel, deuxième." Peut-être donnera-t-il d'abord le numéro de classement, puis le nom de l'élu ? Premier: Azouz Begag? Non. Ce n'était qu'un exemple. Chacun sait que c'est Laville qui va gagner la course. Bon, alors récapitulons. Il va annoncer: "Premier: Laville." Et après? Deuxième: ? Comme tous ceux qui espèrent, je fixerai les lèvres du maître pour voir mon nom sortir de sa bouche avant qu'il ne parvienne à nos oreilles. Si ce n'est pas moi, le deuxième, il faudra attendre la suite. Je préfère ne pas penser aux affres de cette torture. Quelques élèves marquent des signes d'impatience. Le maître se lève, s'avance au milieu de l'allée centrale, la pile de carnets à la main, et lance le verdict: - Premier... La classe se raidit. - Premier: Ahmed Moussaoui. Stupéfaction. Horreur. Injustice. Le bruit et les choses se figent brutalement dans la classe. Personne ne regarde l'intéressé. Lui, Moussaoui, premier de la classe ! C'est impossible. Il ne doit même pas savoir combien font un plus un. Il ne sait pas lire, pas écrire. Mais comment a-t-il pu ?... Le visage de Laville s'éteint. Il était persuadé d'être premier et le voilà grillé par un fainéant d'envergure supérieure, un même pas Français. Le visage de M. Grand est impassible. Ses yeux restent rivés au papier qu'il tient dans les mains. Il ouvre à nouveau la bouche: - Deuxième: Nasser Boueffia. Cette fois-ci, c'est moi qui vacille. Le maître doit être en train de lire son papier à l'envers, peut-être en arabe. Je tourne la tête vers Nasser. Ses yeux écarquillés se perdent dans le vide; il tente de deviner, dans le visage de chacun de nous, un signe, la preuve qu'une conspiration a été montée contre lui, mais aucune réponse ne lui parvient. C'est peut-être un miracle... Je me tourne du côté de Moussaoui. Le scepticisme se lit sur ses traits. Et Laville se décompose de seconde en seconde. M. Grand lève un oeil malicieux sur nous. Ça y est ! Je sais ce qu'il est en train de faire. Il continue d'annoncer les classements alors que quelques élèves commencent à sourire dans les rangs. - ... Francis Rondet: avant-avant-dernier. Azouz Begag: avant-dernier. Et notre bon dernier: Jean-Marc Laville. Maintenant, on rit de bon coeur dans la classe, y compris M. Grand qui commence à distribuer les carnets de composition. Il s'avance vers Moussaoui et lui annonce avec dédain: - Irrécupérable ! - Le voyou acquiesce d'un signe de la tête, l'air de dire: ton classement, je me le carre où tu penses ! Puis à Nasser: - Irrécupérable ! Celui dont la mère avait tenté de me corrompre saisit son carnet puis se met à pleurer. - C'est trop tard pour pleurer, dit M. Grand. Il fallait travailler avant... Il arrive enfin vers moi et son visage s'illumine: - Je suis très content de votre travail. Continuez comme ça et tout ira bien. Il ne reste plus que Laville: - Félicitations, Jean-Marc. Votre travail est excellent. Je saisis mon carnet à pleines mains, avec une émotion si intense que j'ai envie de pousser un cri, d'embrasser le maître, en pensant à la fierté que va connaître mon père en apprenant la nouvelle. Le maître a inscrit dans une colonne: deuxième sur vingt-sept; et dans une autre: très bon travail. Élève intelIigent et travailleur. Je ne sais que dire, que faire, qui regarder. Là-bas, au premier rang, Laville jubile lui aussi, les yeux hypnotisés par le chiffre 1. - A partir de demain, me suggère M. Grand, vous vous installerez à côté de Jean-Marc Laville. - Oui, m'sieur, dis-je sans chercher à savoir pourquoi. Laville se retourne vers moi, sourit comme un lauréat sourit à son dauphin. Je joue son jeu. M. Grand reprend alors son cours de géographie." + Lire la suite.
MonsieurTouki a écrit une critique à 05 janvier 2013. MonsieurTouki donne la cote 358 pour Le Gone Du Chaâba. « Alors ? dit Moussaoui en me fixant d’un oeil malicieux et plein de reproches. - Alors quoi ? » fais-je sans me douter le moins du monde de ce qu’il peut bien me vouloir. Ses yeux se font lance-roquettes et, méprisant, il lâche : « T’es pas un Arabe, toi ! » Aussitôt , sans même comprendre le signification de ces mots, je réagis : « Si, je suis un Arabe ! - Non, t’es pas un Arabe, j’te dis. - Si, je suis un Arabe ! - J’te dis que t’es pas comme nous ! » Alors là, plus aucun mot ne parvient à sortir de ma bouche. Le dernier reste coincé entre mes dents. C’est vrai que je ne suis pas comme eux. Une terrible impression de vide s’empare de moi. Mon coeur cogne lourdement dans mon ventre. Je reste là, planté devant eux, et, sur mon visage, mille expressions se heurtent, car j’ai envie de pleurer, puis de sourire, résister, craquer, supplier, insulter. Nasser intervient : « Et en plus tu veux même pas qu’on copie sur toi ! » + Lire la suite.
viou1108 a écrit une critique à 16 mars 2016. viou1108 donne la cote 358 pour Le Gone Du Chaâba. « Le gone du Chaâba »? qu'est-ce que c'est que ce brol de titre ? Eh oui, c'est seulement à la lecture de la quatrième de couverture que le décodeur s'est allumé dans ma tête de belgo-bruxelloise inculte. Avec le surtitrage, ça donnerait quelque chose comme « le gamin du bidonville lyonnais ». Et Dieu (ou Allah) sait l'importance qu'ont les mots dans ce récit, leur sens, leur traduction, leur utilisation compliquée par le fait qu'on emploie une langue à la maison et une autre à l'école. Dans ce roman auto-biographique, Azouz Begag, qui fut un temps ministre à la Promotion de l'Egalité des Chances sous Chirac, raconte son enfance dans les années 60. Fils d'immigrés algériens, il vit entassé avec ses parents et ses frères et soeurs dans une bicoque en planches, dans le quartier des baraquements de Villeurbanne. Ni eau courante, ni électricité, la vie au Chaâba est rude et, entre la classe et la cabane dans les bois, les gamins fouillent le dépotoir municipal et déchargent des cageots au marché. Bouts de ficelle et système D... Et puis, il y a l'école, où il n'est pas simple de s'intégrer quand on n'a pas la même couleur (peau, cheveux, yeux) que les petits Français, et quand les autres petits Arabes vous voient comme un traître parce que vous essayez d'en apprendre un max et que vous êtes dans les petits papiers de l'instit. L'école, un professeur attentionné, c'est parfois suffisant pour provoquer le déclic d'une vie, quand l'enseignant repère parmi tous ces garnements celui dont le cerveau est un terreau favorable, une éponge qui ne demande qu'à s'éveiller et à se gonfler de connaissances. Comme souvent pour les histoires racontées à hauteur d'enfant, ce récit est drôle, dur, triste, à la mesure des rêves de cet âge-là, de ses bêtises et de ses drames. Sans pour autant faire pleurer les violons, c'est touchant, attachant et plein de tendresse, alors moi je craque... Lien : http://www.voyagesaufildespa.. + Lire la suite.