Anna Karénine Par Léon Tolstoï (2012)

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Description du Anna Karénine

Telecharger Livre Gratuit Android Francais Anna Karénine In French PDF CHM - La quête d'absolu s'accorde mal aux convenances hypocrites en vigueur dans la haute société bourgeoise de cette fin du XIXe siècle. Anna Karénine en fera la douloureuse expérience. Elle qui ne sait ni mentir ni tricher - l'antithèse d'une Bovary - ne peut ressentir qu'un profond mépris pour ceux qui condamnent au nom de la morale sa passion adultère. Et en premier lieu son mari, l'incarnation parfaite du monde auquel il appartient, lui plus soucieux des apparences q...

Détails sur le Anna Karénine

Titre de livre : 230 pages
Auteur : Léon Tolstoï
Éditeur : Pocket
Catégorie : Littérature
ISBN-10 : 2266234307
Moyenne des commentaires client : 4.26 étoiles sur 5 2382 commentaires client
Nom de fichier : anna-karénine.pdf (Vitesse du serveur 18.25 Mbps)
La taille du fichier : 12.08 MB

Commentaire Critique du Anna Karénine

Gwen21 a écrit une critique à 24 octobre 2013. Gwen21 donne la cote 2382 pour Anna Karénine. Quel trouble m'envahit à l'heure d'écrire ce billet ! J'ai lu le premier tome cet été alors que je voyageais en Russie, notamment à Moscou où j'ai pu visiter la maison où Tolstoï s'était retiré avec sa famille, ayant atteint la cinquantaine. Je n'aurais pu souhaiter meilleures conditions pour me plonger dans ce monument de la littérature que je pensais naïvement connaître mais dont, en réalité, on ne m'avait révélé que la partie émergée. Je viens d'achever le second tome et mon émotion est grande. « Anna Karénine » est une grande fresque romanesque comme seuls les Russes savent en écrire, c'est-à-dire en y mêlant de manière totalement inextricable toute la passion, la poésie et le spleen de l'âme slave. Anna Karénine, bien qu'elle donne son nom au roman, n'est en rien son pivot, c'est du moins mon point de vue. « Anna Karénine » trace la destinée de trois couples : Anna et Vronski, Kitty et Lévine, Stépane et Dolly. Les deux premiers de ces couples forment comme la double hélice d'une chaîne d'ADN unie grâce au troisième. Ils sont parfaitement indissociables les uns des autres ; leurs destinées sont étroitement liées, que ce soit par les liens du sang, les relations sociales ou les sentiments. Parce qu'ils sont trinitaires et indivisibles, ces trois couples vont évoluer ensemble, compter les uns sur les autres et se « nourrir » des uns des autres ; c'est pourquoi Tolstoï a décidé de les aborder ensemble, de front, dans une intermittence narrative ponctuée de croisées de chemins. Ce choix peut, je le conçois, perturber le lecteur en semblant alourdir sa lecture. La lecture d'une telle oeuvre, je vais être parfaitement honnête, peut quelquefois sembler bien poussive quand l'intérêt de l'auteur s'attache aux personnages qui suscitent chez le lecteur le moins d'intérêt. Mais il faut pardonner au grand auteur qu'est Tolstoï et chercher à comprendre, à assimiler et à accepter qu'un auteur russe ne peut pas s'empêcher d'écrire non pas un roman sur la vie de quelques personnages russes mais un roman sur la société russe dans laquelle évoluent quelques personnages. La Russie est toujours le coeur d'un roman russe ; elle en est toujours le personnage principal et l'on retrouvera ces mêmes fausses digressions et vrais plaidoyers sur l'économie, la politique et les cultures russes chez Dostoievski, Pouchkine, Tourgeniev ou Pasternak, pour ne citer quelques uns de ces grands hommes de lettres qui ont tenté de coucher sur le papier un peu de l'âme russe, celle-la même qui échappe depuis des siècles avec ténacité à tout carcan identitaire, résolue à vivre uniquement dans le coeur des Slaves, notamment par leur folklore et leur poésie. Revenons à nos couples et passons rapidement sur le synopsis. Anna Karénine est une femme du monde, de la haute société, mariée sans amour et mère de Sérioja. Cette femme, jeune encore, va connaître une grande passion auprès du comte Alexei Vronski, homme riche, libre de toute attache, passionné et lui aussi très épris. Lévine, quant à lui, est un « gentleman farmer » qui n'aime pas Moscou, un vrai rat des champs. Amoureux de la jeune et jolie Kitty, elle-même courtisée par Vronski avant qu'il ne s'éprenne d'Anna, Lévine est un homme torturé, perpétuellement en quête d'idéal, voulant vivre en équilibre et en toute justice avec le monde qui l'entoure mais se connaissant si mal et connaissant l'existence si superficiellement qu'il est emprunté et gauche dans quasiment toutes ses entreprises et est incapable de gérer ses émotions. Stépane, enfin, frère d'Anna et beau-frère de Kitty, grand ami de Lévine, heureux caractère que rien ne semble pouvoir décourager, éternel optimiste, est marié à Dolly, une femme patiente et résignée et dont l'affection pour son époux ne se mesure qu'à l'aune de sa dépendance sociale. Bien que mon personnage favori soit loin d'être Anna ou Lévine mais bien Stépane (Stiva) sur qui je pourrais développer une thèse dont l'introduction seule aurait le don de vous faire bâiller, je vais seulement vous parler d'Anna. Combien exaspérante et égoïste peut paraître cette héroïne et pourtant, quel courage et quelle beauté renferme son âme. Courage du choix dramatique qui change sa vie, qui la plonge dans une situation désespérante ; beauté de l'amour qu'elle porte à celui auquel elle sacrifie toute son existence. Anna est généralement jugée égoïste et cruelle. Moi non plus, à la base, je n'ai pas d'affection particulière pour elle et pourtant, me remettant dans le contexte de cette haute société russe de la fin du XIXème siècle, toute pétrie des codes de conduite occidentaux, je ne peux qu'être admirative du courage qu'il lui aura fallu pour se séparer de son époux, renonçant ainsi à sa position sociale, se condamnant à une vie de recluse, se forgeant une réputation indélébile de « femme de mauvaises moeurs ». Traitée en pestiférée par ses cercles, Anna aura peu à peu le sentiment déprimant d'avoir tout donné pour n'être finalement que la dupe « d'un amour qui finit et laisse place à la haine ». Rejetée, doutant de tout et de tous, à commencer par elle-même, Anna, tel un oiseau au ramage sublime, aura voulu prendre son envol, aura cru à la liberté pour choir lamentablement, liée à la réalité de sa condition par le fil invisible de la morale bourgeoise. En un temps où renoncer à son enfant ne signifiait pas convenir d'une garde alternée mais véritablement abandonner la chair de sa chair, en un temps où la bienséance imposait le diktat permanent de l'hypocrisie, en un temps où la femme ne pouvait agir que dans le cadre de la dépendance à autrui, mari ou parents, Anna a osé rêver qu'elle pouvait vivre pour elle-même et se réaliser. Sa vie fut un leurre. L'histoire d'Anna, comme celle de Lévine, comme celle de Dolly, comme celle de tous les protagonistes de ce magnifique roman, se résume à une quête. Quête du bonheur, mirage parmi les mirages, mal défini, indéfinissable et aussi difficile à atteindre qu'à se le représenter. D'espérances en désillusions, de jouissances en épreuves, d'amours en désamours et de grandeurs en décadences. + Lire la suite.
Nastasia-B a écrit une critique à 02 juillet 2012. Nastasia-B donne la cote 2382 pour Anna Karénine. Splendide, splendide, ô combien splendide roman ! Mille mercis Monsieur Tolstoï pour ce bijou-là. Il est difficile de parler de ce bel ouvrage sans dévoiler tout ou partie de l'intrigue. Disons que le destin de deux couples principalement y est développé même si l'on parle fréquemment d'un troisième qui fait le lien entre les deux précédents. À cet égard, la construction du roman est remarquable ; jugez plutôt : d'un côté, le premier pilier est bien évidemment le personnage délicieusement complexe d'Anna, la femme d'Alexis Karénine. Le frère d'Anna, Stepan Oblonski est marié de Dolly. L'une des sœurs de Dolly est l'épouse de Constantin Lévine, le second pilier du roman. Ce faisant, à partir de ces deux personnages centraux qui ne se rencontrent quasiment jamais, Lév Tolstoï parvient à faire s'arquer une voûte constituée par les relations et les réactions psychologiques des différents membres des couples et de la sorte à faire le portrait de tout un monde ainsi qu'à balayer une diversité psychologique étonnante qui donne toute son épaisseur, son intérêt et sa consistance à l'édifice. L'incipit du roman parle de lui-même Les familles heureuses se ressemblent toutes; les familles malheureuses sont malheureuses chacune à sa façon. Ne m'en veuillez pas si je vous retire la joie de découvrir que celui d'Anna Karénine est de loin le couple le plus malheureux Les couples sont aristocratiques de vieille noblesse russe en fin de XIXème siècle (c'est-à-dire que l'écrivain parlait de son époque au moment où il écrivait le roman). Les vices et les merveilles de cette vie qui n'existe plus guère de nos jours que chez les très grands patrons de très grandes entreprises et chez certains chefs d'états sont parfaitement peints avec leurs brillances et surtout, leurs vacuités et hypocrisies. Le clivage qui existait entre cette société et le peuple est très bien illustré, notamment dans les yeux de Constantin Levine, alias Tolstoï lui-même, (concernant la question agricole, du progressiste Levine en butte avec l'épaisse conception traditionnelle réfractaire au changement, voir le parallèle français avec le personnage de Hourdequin dans La Terre de Zola) clivage qui devait conduire quelques décennies plus tard à la révolution russe de 1917. La simplicité et la vérité du style employé par l'auteur donne toute sa force et sa grandeur à cette œuvre monumentale, qui traverse les époques sans ternir. Ne soyez pas effrayés par l'épaisseur du livre qui se lit très facilement et dont la lecture est rendue très agréable par le découpage en minuscules chapitres. Les scènes rurales sont pleines de vérité et de vécu (la chasse à la bécassine, le fauchage à la faux, le négoce du bois...) et les scènes urbaines non moins pleines de vérité et de vécu sondent les désirs et les entraves sociales magistralement. Mon passage favori restera celui qui est le plus autobiographique de tous, la scène de la déclaration codée entre Levine et Kitty. Un instant d'une grâce infinie et difficilement égalable. Il peut paraître niais de préciser qu'il existe de nombreux parallèles entre Anna Karénine et l'autre grand ouvrage de l'auteur, La Guerre et La Paix, mais peu importe, je le fais. L'un et l'autre mélangent habilement autobiographie et fiction avec un réalisme surprenant. Comment ne pas reconnaître dans Constantin Levine le Pierre Bézoukhov de Guerre et Paix ? Idem entre Alexis Vronski et André Bolkonsky. La chose se complique un peu avec les femmes car il semble bien que la belle Natacha Rostov de La Guerre et La Paix soit la génitrice tant d'Anna Karénine que de Kitty Stcherbatski. Le personnage d'Anna est forcément plus complexe car on y décèle aussi des traits d'Hélène Bézoukhov ainsi que de personnages authentiques comme Anna Pirogova, l'héroïne involontaire du fait divers qui inspira au tout début Tolstoï et bien sûr de Maria Alexandrovna Pouchkina, la première fille de Pouchkine qui frappa tant l'imaginaire de l'auteur. De même, il y a probablement un peu d'Anatole Kouraguine dans la vie dissolue de Stepan Oblonski. On retrouve aussi certains points communs sur les grands chevaux de bataille de l'auteur, imputables au côté religieux de Tolstoï, notamment en ce qui concerne la question du pardon chrétien. Ici, Alexis Karénine accorde son pardon à Anna et Vronski exactement comme André Bolkonski l'accorde sur le champ de bataille de Borodino à Anatole Kouraguine qui lui avait ravi Natacha Rostov. De même, le personnage de Marie Bolkonski, sœur d'André, pleine d'abnégation et de piété, n'est pas sans rappeler ici celui de Dolly, la femme du volage Stepan Oblonski, frère d'Anna Karénine. L'une comme l'autre trouvent leur raison d'être dans le pardon inspiré par la religion. Bref, Anna Karénine, c'est une sorte de nouvelle mouture de La Guerre et La Paix dépouillée de sa gangue de batailles napoléoniennes. L'auteur, parti d'un fait divers, a fait épaissir sa sauce romanesque au point de faire oublier le superbe morceau de viande qu'elle était sensée accompagner. Cette sauce c'est la passion amoureuse. Ce qu'elle engendre de folies, de joies indicibles, d'irrévérences à l'étiquette sociale... de douleurs aussi. Si je poursuis cette comparaison culinaire, on pourrait affirmer que le morceau de viande est toute cette société russe, une certaine société que Tolstoï nous fait toucher du doigt. Si Anna Karénine est le personnage principal du roman, c'est en ce sens que c'est elle qui cristallise tout ce que représente la fameuse sauce aux senteurs et aux épices si particulières. Cette sauce de la passion amoureuse pourrait accompagner d'autres plats de viande, d'autres types de sociétés, il n'empêche que sa recette serait la même, aussi forte, aussi relevée... et aussi amère par moments. Et c'est la raison pour laquelle, cette œuvre ne vaut pas tant pour son plat de viande principal, l'aristocratie russe de la seconde moitié du XIXème siècle, que pour sa sauce, qui elle touche à l'universel, qui elle touche à ce qui est le plus constitutif de l'identité humaine, qui n'a pas d'âge et pas de lieu. Un roman à lire et à savourer comme un pur délice, un vrai, vrai monument de la littérature du XIXème siècle. L'auteur y déploie avec toute sa maestria, tout son savoir-faire dans des phrases qui jalonnent le pourtour de l'histoire littéraire mondiale, et pas seulement russe, car, vous l'avez compris, Lév Tolstoï est universel. Personnellement je place ce superbe roman dans mon top 10, peut-être même bien plus haut, qui sait ? mais ce n'est bien sûr que mon avis, un parmi tant d'autres, autant dire, pas grand-chose. + Lire la suite.
NathalC a écrit une critique à 20 janvier 2017. NathalC donne la cote 2382 pour Anna Karénine. Le jour de Pâques se passa dans la neige ; tout à coup, le lendemain, un vend chaud s'éleva, les nuages s'amoncelèrent, et pendant trois jours et trois nuits une pluie tiède et orageuse ne cessa de tomber ; le vent se calma le jeudi, et il s'étendit alors sur la terre un brouillard épais et gris comme pour cacher les mystères qui s'accomplissaient dans la nature : les glaces qui craquaient et fondaient de toutes parts, les rivières en débâcle, les torrents dont les eaux écumeuses et troublées s'échappaient avec violence. Vers le soir, on vit su la colline Rouge le brouillard se déchirer, les nuages se dissiper en moutons blancs, et le printemps, le vrai printemps, paraître éblouissant. Le lendemain matin, un soleil brillant acheva de fondre les légères couches de glace qui restaient encore sur les eaux, et l'air tiède se remplit de vapeurs s'élevant de la terre ; l'herbe ancienne prit aussitôt des teintes vertes, la nouvelle pointa dans le sol, semblable à des milliers de petites aiguilles ; les bourgeons des bouleaux, des buissons de groseilliers, et des boules de neige, se gonflèrent de sève et, sur leurs branches ensoleillées, des essaims d'abeilles s'abattirent en bourdonnant. D'invisibles alouettes entonnaient leur chant joyeux à la vue de la campagne débarrassée de neige ; les vanneaux semblaient pleurer leur marais submergés par les eaux torrentielles ; les cigognes et les oies sauvages s'élevaient dans le ciel avec leur cri printanier. Les vaches, dont le poil ne repoussait qu'irrégulièrement et montrait ça et là des places pelées, beuglaient en quittant les étables ; autour des brebis à la toison pesante, les agneaux sautillaient gauchement ; les enfants couraient pieds nus le long des sentiers humides, où s'imprimait la trace de leurs pas ; les paysannes babillaient gaiement sur le bord de l'étang, occupées à blanchir leur toile ; de tous côtés retentissait la hache des paysans réparant leurs herses et leurs charrues. Le printemps était vraiment revenu. + Lire la suite.